POINT DE VUE DE VIGIPOL (au 7 février 2007)
La coque du MSC Napoli, fragilisée il y a 5 ans par une réparation majeure, sest fissurée de part et dautre de la salle des machines laissant séchapper le contenu de deux cuves dhydrocarbures dalimentation moteur. Leur contenance maximale est estimée à 200 tonnes ; on peut donc en conclure que la pollution du littoral provient dune partie, voire de la totalité, de ces 200 tonnes de fuel de propulsion.
Cette pollution est dune double nature : dabord par les hydrocarbures mais aussi par lemballage non-biodégradable des 300 000 sachets de biscuits chocolatés provenant des deux conteneurs tombés à la mer lors des opérations de remorquage du navire à 60 milles nautiques des côtes bretonnes vers le Royaume-Uni.
La pollution du littoral sest manifestée dès le vendredi 26 janvier par larrivée de sachets de gâteaux souillés, de galettes dhydrocarbures puis de boulettes. Dès le samedi 27 janvier, la pollution touchait de manière inégale environ 150 km de côte, entre Morlaix (29) et Paimpol (22). Les agents communaux ont nettoyé avec courage, obstination et efficacité les plages et sites accessibles. Les collines et pointes rocheuses font actuellement lobjet dun nettoyage par des militaires et une entreprise privée spécialisée. En principe, le littoral aura retrouvé son aspect normal dans les prochains jours.
Il est encore trop tôt pour tirer tous les enseignements de cette gestion de crise. Cependant, on peut dès à présent dire que les communes se sont retrouvées bien seules pour faire face, dans les premiers jours, à cette pollution. En effet, seule laction collective auprès des Préfecture du Finistère et des Côtes dArmor a permis dobtenir de lÉtat des moyens pour soulager le travail des employés communaux.
Parallèlement, Vigipol a adressé un courrier au Premier Ministre pour lui demander de permettre le recours au fonds POLMAR comme le prévoit linstruction ministérielle du 4 mars 2002. Lidentité du responsable de la pollution étant connue, les communes et lÉtat ont bon espoir dobtenir un juste dédommagement du préjudice subi. La Ministre de lÉcologie, Nelly OLIN, venue se rendre compte sur place de létat des plages, a confirmé le 5 février que larmateur
(ou son assureur) était près à négocier pour prendre en charge la totalité des frais de dépollution.
Vigipol a toutefois déposé plainte auprès du TGI de Paris, qui sest déclaré compétent dans ce dossier, pour pollution et atteinte à lenvironnement et a demandé à lensemble des communes touchées par la pollution de faire de même. Cela permettra davoir une monnaie déchange pour mieux défendre les intérêts des collectivités.
Vigipol a organisé, le 7 mars, une réunion avec lensemble des maires concernés par cette pollution. cette réunion avait pour objectif d'affiner la stratégie à mettre en oeuvre et faire le retour dexpérience de cette gestion de crise. Il a également été décidé de mettre à disposition des communes concernées une assistance juridique pour la constitution des dossiers d'indemnisation via une procédure de vérifiation et de validation par un expert de ces dossiers avant leur envoi à l'assureur de l'armateur.
Cet événement a engendré de nouvelles mesures, notamment la mise en place de dispositifs Infra POLMAR à léchelle intercommunale
(expérience conduite dur le territoire de la CCPL en concertation avec Vigipol) et aussi d'une réflexion préfectorale en ce sens.